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En famille

Refus de manger de bébé : comment éviter le blocage ?

Bébé ne veut pas manger ! Comment réagir ? Interview de Thomas Cascales, psychologue, et du professeur Jean-Pierre Olives, pédiatre. Ils ont créé au CHU de Toulouse une consultation originale pour aider les enfants souffrant de troubles alimentaires et leurs parents.

 

Quels sont les différents comportements des parents ?

T. C. : Certains parents réussissent à tolérer le refus alimentaire de l'enfant. Ils parviennent à garder leur calme et diffèrent la proposition de l'aliment qui est refusé. D'autres parents trouvent des astuces pour s'adapter : si l'enfant refuse les légumes, on propose des pâtes avec des légumes…

Ces comportements permettent généralement que le refus ne se transforme pas en blocage. Mais chez les familles les plus vulnérables, le refus peut créer un état de panique et générer de l'agressivité envers l'enfant, et parfois même du forçage alimentaire.

Or le fait de faire avaler de force trois cuillères à un enfant, ce sera peut-être trois cuillères de gagnées à ce repas, mais sûrement un blocage encore plus fort au prochain repas. Ce comportement résulte d'une covulnérabilité. D'un côté, on a un enfant plus opposant, plus obstiné, plus anxieux. Du côté des parents, on a une vulnérabilité émotionnelle, une difficulté à garder son calme, un passé, des failles aussi.

J.-P. O. :
Il y a également un manque d'information des parents. Il faut savoir que vers 6-7 mois, au moment où on introduit l'alimentation à la petite cuillère, se développe une néophobie alimentaire, c'est-à-dire une peur de tout aliment qui est nouveau.

Pour qu'un aliment soit accepté par un enfant, il faut qu'il soit présenté 7 ou 8 fois de la même façon. Mais très souvent les parents, au bout du deuxième refus, abandonnent en disant : “Il n'aime pas les carottes.” Autre cas : l'enfant peut à tout moment repousser son assiette simplement parce qu'il n'a pas faim, parce qu'il couve une maladie ou parce qu'un aliment le dégoûte profondément. Si le parent n'insiste pas, le repas se poursuit normalement.

Il faut aussi se rendre compte que le temps et la mise en collectivité (crèche ou école) améliorent très souvent les situations.

 

Le 5 mars 2013 Propos recueillis par Émilie Bélard pour le magazine Picoti.

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