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Enfants

Développement de l’enfant : pourquoi les tout-petits ont-ils du mal à partager et à prêter ?

Entre 2 et 4 ans, les enfants n’aiment pas beaucoup partager… Comment expliquer leurs difficultés, à cette période de leur développement, à prêter leurs jouets, à accepter qu’on embrasse leur maman, à être généreux ? Pourquoi sont-ils jaloux de leur frère ou de leur sœur ? Explications du psychologue Harry Ifergan.

 

Picoti : Pourquoi les tout-petits ne sont-ils pas prêteurs ?

Harry Ifergan : Jusqu'à l'âge de 8-9 mois, les bébés ont la sensation de ne faire qu'un avec leur
maman. Puis ils prennent petit à petit conscience d'eux-mêmes. Ils sont en pleine construction de leur “moi”, de leur ego. C'est pour cette raison qu'ils ne sont pas enclins au partage entre 2 et 4 ans.

Au cours de ces deux années, le tout-petit effectue un travail invisible qui consiste à rassembler toutes les pièces éparpillées de son “puzzle” : relations humaines, affects, objets, lieux, sentiments

Toutes ces choses, qui font partie de sa vie et représentent son capital de base, lui permettent de devenir un individu à part entière. Il les intègre et se les approprie. Pendant cette période, il lui est alors impossible de prêter une de ses “pièces”.

Prendre un de ses jouets pour le donner à un autre enfant, c'est lui arracher un bout de lui-même. Il va aussi difficilement supporter qu'un autre enfant touche à sa poussette, embrasse sa maman…

Picoti : A quel âge un enfant est-il capable de partager ?

H. I. : Certains événements perturbants peuvent retarder la capacité de l'enfant à faire preuve de partage et de générosité, car ils mettent en jeu des éléments essentiels à sa construction. C'est le cas, par exemple, de la séparation des parents, d'un déménagement, d'un changement de crèche ou de nounou, de l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur.

Mais, vers 4 ans, une fois le puzzle reconstitué, le tout-petit est disposé à partager… et donc à prêter !

Picoti : La jalousie serait donc liée à ce refus de partager ?

H. I. : La jalousie de façon générale et la jalousie fraternelle, en particulier, sont effectivement exacerbées entre 2 et 4 ans. Ce sentiment fait partie du développement normal de l'enfant et le prépare aux jalousies auxquelles il sera confronté plus tard.

Avant 2 ans, si cette émotion existe, elle est largement moindre parce que le tout-petit n'a pas commencé à s'individuer. De ce fait, si un petit frère ou une petite sœur arrive à cette période, l'enfant intègre la venue de ce bébé dans la construction de lui-même. Le nouveau-né devient alors “mon petit frère” ou “ma petite sœur qu'on n'a pas intérêt à toucher” !

Le même phénomène se produit après 4 ans, cette fois-ci parce que l'enfant a fini de se construire en tant qu'individu et accepte mieux l'idée de partager.

 

Le 13 décembre 2010 Propos recueillis par Delphine Soury pour le magazine Picoti.

A propos du psychologue Harry Ifergan

Psychologue, Harry Ifergan est l'auteur de Mieux comprendre votre enfant (éd. Marabout, à paraître le 12 janvier 2011).

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