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En famille

Comment parler de la mort avec ses enfants ?

Pas facile de parler de la mort en général. Et avec nos enfants, encore moins. Mettons de côté les vieilles superstitions : évoquer la mort… ne la fait pas “venir” ! Et les enfants, très tôt, réfléchissent à la mort. Nos conseils pour entendre leurs interrogations et répondre à leurs questions. 

 

A quel âge un enfant a-t-il conscience de la mort ?

Les enfants n'ont pas conscience de la mort avant 2 ans. Entre 2 ans et 6 ans, ils commencent à y penser mais n'en parlent pas forcément. “Ils ressentent que la mort fait souffrir, précise la psychologue Marion Haza ; ils voient leurs parents tristes quand un décès arrive.”

Le questionnement surgit après 6 ans. “Il est lié à une prise de conscience du temps qui passe, souligne Marion Haza. En grandissant, l'enfant s'aperçoit que le temps est irréversible : on grandit, on vieillit et on finit tous par mourir un jour.” L'enfant est parfois confronté à la réalité de la mort, à travers le décès d'un grand-parent par exemple. Il sait désormais qu'il y a un début et une fin.

Les enfants ont-ils peur de la mort ?

“La mort est présente très tôt dans leurs jeux, rappelle Marion Haza. Ils jouent à se tuer ou à être mort fréquemment, sans arrière-pensées morbides ou suicidaires !” Les premiers “morts” qu'ils voient sont souvent des animaux. Sans que cela les inquiète d'ailleurs. “Ce qui est mort, c'est ce qui s'en va ou qui ne bouge plus, commente Marion Haza.

Leur rapport à la mort change vers 6 ou 7 ans, avec les premiers questionnements existentiels. Les enfants commencent alors à avoir peur.” Peur pour leurs parents quand ils ne sont pas avec eux, peur pour eux-mêmes, peur d'être abandonné, de se retrouver seuls. La mort implique l'idée d'une séparation, qui effraie l'enfant.

La mort n’est pas un sujet tabou !

Tant qu'un enfant ne pose pas de questions, inutile d'aborder le sujet directement. Mais quand les questions surgissent, il faut y répondre, pouvoir en discuter, sans en faire un sujet tabou. “Un enfant développera des angoisses liées à la mort s'il ne se sent pas autorisé à parler de ce sujet chez lui, confirme Marion Haza. Quand un décès arrive dans une famille et qu'on n'en parle pas, certains enfants se sentent responsables de cette mort !”

Il est important de dire à un enfant que la mort est une réalité qui fait partie de la vie. Et d'en avoir parlé avant l'adolescence, un âge où les jeunes se comportent comme si rien ne pouvait leur arriver, comme si la mort ne pouvait pas les toucher.

 

Le 6 janvier 2014
Sophie Coucharrière
Photo : Darren Baker-Thinkstock

A propos de Marion Haza, psychologue

Marion Haza est psychologue en cabinet à Carbon Blanc (33), maître de conférence à l'université de Poitiers, présidente de l'association ARCAD, association de recherche clinique sur l'adolescence.

 

Elle est également responsable d'un blog sur l'adolescence

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